Trois ans plus tard : Avoir 30 ans, la quête de l’équilibre et 18 constats de ma vie post nomade

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L’automne, ses couleurs et un weekend d’anniversaire – Stoneham, Québec

La vie est pleine de coïncidences. Aujourd’hui, le 30 octobre 2016, je pars vers l’Afrique du Sud accompagner un groupe pour trois semaines. Le 30 octobre 2013, je partais vers l’Inde seule pour une durée indéterminée.

Deux contextes complètement différents, mais deux dates qui concordent. Une boucle qui se ferme, un nouveau départ ou simplement la suite logique des choses? Je ne sais pas. Chose certaine, il s’est passé au moins mille et une choses entre ces deux 30 octobre. Et en plus, je viens d’avoir 30 ans. Adeptes de numérologie, qu’est-ce que tout cela veut dire?! 😉

Reste que cette coïncidence m’a fait réfléchir à tout le chemin parcouru pendant ces trois dernières années. Une belle occasion de mettre par écrit mes derniers constats pour chacune des sphères de ma vie.

Travail & carrière

1) C’est correct d’avoir plusieurs métiers

Guide. Accompagnatrice. Animatrice. Pour l’instant, ça se limite à ça, mais j’ai aussi été consultante en communications, chargée de projets et coordonnatrice d’événements. Peut-être que, dans quelques années, j’aurai ma propre compagnie ou encore que je serai prof de Zumba (pourquoi pas?!). Je crois que j’aime trop la diversité et le changement pour ne faire qu’une seule chose. Emilie Wapnick, dans son Ted Talk Why some of us don’t have one true calling explique tellement bien cette réalité des multipotentialites.

2) Le travail autonome : un modèle qui me convient

Faire l’épicerie le mardi après-midi. Aller au gym à 14 h quand je ne suis plus productive devant mon ordinateur. Diversifier ce que je fais de mes journées. Savoir que je peux choisir et que j’ai le contrôle sur mon horaire. Tout ça me rend naturellement heureuse. On choisit les meilleurs inconvénients pour soi. Pour moi, c’est certainement de choisir l’instabilité pour la flexibilité.

3) Je travaille trop

Le défi d’avoir plusieurs métiers, c’est de faire tenir tout ça ensemble et de gérer la nouveauté. D’apprendre à dire non aussi. Certains diront que c’est un beau problème. Dans mon cas, je suis bien consciente que je dois faire des ajustements, mais en même temps, j’ai le sentiment que c’est la bonne chose à faire présentement (voir le point ci-dessous). Heureusement, cette certitude d’être sur le bon chemin m’a donné l’énergie de continuer, mais je suis rendue à un point où il faudra faire des choix pour mettre mes énergies aux bons endroits.

Sécurité financière

4) Bien gérer son argent, ça s’apprend

Je n’ai jamais été très douée pour gérer mon budget. Une fois mes économies passées, je n’ai pas eu le choix de m’y attarder davantage. Avec mon retour à Montréal, le constat était clair : je dépensais trop ou je ne gagnais pas assez d’argent (c’est selon). J’ai donc commencé à noter toutes mes dépenses dans des fichiers Excel. Avec le temps, j’ai appris à analyser le tout. Ce n’est pas parfait, mais je prends ça avec beaucoup plus de sérieux. C’est tellement dommage que ce ne soit pas quelque chose qu’on apprenne davantage à l’école. Notre santé financière est un aspect vital de notre vie, on devrait y consacrer du temps comme on saisit l’importance d’aller au gym et de bien manger.

5) L’argent ne pousse pas dans les arbres (surtout quand on veut démarrer un projet)

En ayant toujours eu des emplois permanents bien rémunérés, je pense que j’ai commencé à croire que mes revenus tombaient du ciel. Conséquemment, j’ai un peu sous-estimé la réalité du travailleur autonome et de l’entrepreneur. On a beau avoir des idées plein la tête, ça prend du temps et beaucoup de travail avant que tout se concrétise. Certes, il faut commencer quelque part, mais je comprends davantage l’importance d’avoir de l’épargne et la nécessité d’avoir un sideline quand on veut démarrer un projet. Les overnight success sont rares. Tout se fait davantage de manière évolutive. 

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De jolies feuilles colorées – Stoneham, Québec

6) J’ai des dettes

C’est mon retour à Montréal qui en est la cause. Augmentation de mes dépenses fixes, revenus moins grands à cause de mon retour à l’école et aussi, le retour d’un mode de vie qui ne correspondait plus à mes revenus. La bonne nouvelle, c’est que tout est sous contrôle. J’ai un plan. Un plan r-é-a-l-i-s-t-e. Ne reste plus qu’à le suivre, mais ça prend du temps. J’apprends (à contrecœur) que c’est important de connaître notre capacité réelle de remboursement quand on emprunte. Les cartes de crédit sont souvent vendues comme de l’argent qui tombe du ciel. Ce n’est pas le cas.

7) Ça coûte moins cher de faire le tour du monde que de vivre à Montréal

Je me souviens encore de ma réaction quand, devant ma feuille de calcul, j’ai réalisé que je dépensais moins lorsque je voyageais à temps plein que lorsque je reste sédentaire à Montréal. Un poignard droit au cœur. Je n’exagère même pas. Ce fut le plus dur des constats (et la source de mon endettement). Heureusement, ça m’a permis de me poser les bonnes questions pour reconnaître les raisons qui me font rester ici et envisager de changer certaines de mes habitudes de consommation.

Développement personnel

8) Avoir réalisé ce rêve est ma plus grande fierté

Récemment, quelqu’un me demandait quelle était ma plus grande fierté. Comme c’est rassurant de savoir que sans une seconde d’hésitation, j’ai dit que ce fut d’être partie en voyage seule il y a trois ans. Vraiment, il n’y a pas une journée où je doute. Pas une. J’ai toujours su que c’était la chose que je devais faire et je suis tellement fière de l’avoir fait.

9) J’ai besoin d’une routine

Je l’ai longtemps critiquée, après tout, c’était pour cette raison que je voulais partir sans attache.

Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, Essayez la routine… Elle est mortelle! – Paulo Coelho

Après trois ans, je réalise qu’elle est essentielle dans ma vie non-routinière. Ce sont des points de repère qui me permettent de mieux avancer vers mes objectifs.

10 ) Je dois apprendre à être réaliste

C’est mon plus grand défi. Je mets la barre haute. Je suis perfectionniste. Des fois, trop. Cette barre, elle me met une pression énorme sur les épaules. Le problème, c’est que je le fais de manière inconsciente. J’aimerais vraiment pouvoir tout faire. Toutefois, c’est impossible. En plus, ça me créer de l’anxiété. La solution que j’ai trouvée : apprendre à échelonner mes projets (pstt… c’est encore un work in progress.)

11 ) Même si on le sait, on apprend quand on le fait

On sait beaucoup de choses dans la vie. Soit à cause du vécu des autres personnes, des livres qu’on a lu, des conseils de nos amis, mais il n’y a rien comme l’expérimentation pour apprendre. Live and learn qu’ils disent. Ça aussi, je le « sais », mais jamais, ça ne remplacera l’expérience en tant que telle. Y’a des choses que j’aurai pu faire autrement si j’avais fait ce que je « savais », mais on ne sait pas vraiment jusqu’au jour où on l’expérimente soi-même. C’est dans l’action que l’on apprend.

Petites et grandes aventures

12) Le voyage me manque

Après avoir visité 15 pays en 1 an et demi, j’ai pris l’avion qu’une seule fois depuis mon retour. Cette année, les vacances d’été sont arrivées à point. Juste à temps pour me faire réaliser que ce n’était pas fini les voyages pour moi. Je venais de retrouver le bonheur de remplir mon sac à dos. Certes, ce sera différent, mais je sais que la dernière année n’était qu’une pause.

13) J’ai appris à voyager au quotidien dans ma propre ville

Suivre mon cours pour devenir guide touristique de Montréal a tout changé. J’ai commencé à voir ma ville différemment. Je découvre des choses que je n’avais jamais remarquées. Je fais des activités que je n’avais jamais faites. Avoir déménagé de quartier (bonjour, Milton-Parc!) a aussi aidé à ce renouveau. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir d’être dépaysé dans sa propre ville!

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La vue de mon nouveau balcon

Amis, amour et famille

14) Ma vie amoureuse est plus importante que les voyages

Quand je suis revenue ici, je ne croyais pas y rester longtemps. Je parlais encore de voyages, de vie nomade. Encore une fois, la vie en a décidé autrement. On change, on évolue, on réalise des choses. J’ai rencontré quelqu’un qui me donne envie de rester ici pour réaliser cet autre grand rêve. Celui d’avoir une vie de couple qui grandit au fil des années.

15) Diminuer l’intensité de ma vie sociale n’est pas une mauvaise chose

Je ne peux pas voir tout le monde. Aller partout. Je dis non beaucoup plus fréquemment. J’ai besoin de me retrouver seule plus souvent. Mon « me time » n’a jamais été aussi précieux que depuis mon retour. Toutefois, je veux continuer de nourrir les amitiés ressenties, le lien avec ma famille et m’entourer de gens qui m’inspirent. Ce n’est pas parfait, mais c’est ce vers quoi je tends.

Spiritualité

16) J’ai besoin de me connecter à quelque chose de plus grand que moi

Ça ne veut pas dire de croire en Dieu. Ça veut juste dire que quelques fois, ça fait du bien de faire confiance à la vie. À cette force plus grande que soi qui nous amène toujours au bon endroit, au bon moment. Ça ne veut pas dire de méditer tous les jours. Ça veut juste dire de prendre le temps quand tout va trop vite pour se recentrer et avoir confiance en soi et en son cœur.

Environnement physique

17) L’importance d’avoir un chez-moi où je me sens bien

Surtout en voyage, j’ai longtemps négligé cet aspect. Je me nourrissais plutôt par les paysages que je voyais que par les cadres sur mes murs.  Depuis mon retour, j’ai réalisé que j’avais besoin d’un endroit à mon goût, propre, fonctionnel, qui me permet de me ressourcer. Un endroit qui me ressemble dans un quartier qui l’est tout autant. Marcher ou utiliser un mode de transport actif pour me rendre au travail est l’un de mes petits bonheurs quotidiens.

Santé et bien-être

18) Mon prochain défi : tendre vers l’équilibre

Si je prends au sérieux mon travail, je dois prendre tout aussi sérieusement les autres aspects de ma vie. Négliger n’importe quoi quand je suis fatiguée, c’est le pire des cadeaux que je puisse me faire. Mais comment arriver à ne pas m’épuiser quand on veut tout faire? Au final, c’est un peu ça le plus grand constat des trois dernières années. Je veux arriver à avoir un équilibre entre toutes les sphères de ma vie, mes passions et mes projets. Je suis confiante, mais je travaille fort ma patience.

Échelonner mes projets que je disais plus haut? Mettre mes énergies aux bons endroits? Avec l’arrivée de mes 30 ans, n’est-ce pas le meilleure moment pour le faire? C’est peut-être ça le signe caché derrière le 30.

Maintenant, je suis curieuse de connaître votre avis. Comment arrivez-vous à atteindre l’équilibre entre toutes les sphères de votre vie? Est-ce possible? Quels sont vos trucs?

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