Berlin, ville cool.

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Au printemps dernier, à mon retour d’Asie, une amie d’une amie m’avait bien prévenue : « tu verras, Berlin, c’est comme la meilleure définition du mot cool ». Quelques mois plus tard, me voici dans cette ville trendy-hop-hipster-vintage-alternative-écolo-punk et je vous le confirme, elle avait raison!

Ville vélo

Ça ne faisait pas 24 heures que j’avais déposé les pieds à Berlin que j’enfourchais déjà mon nouveau vélo bleu. Joie, joie, joie! Dans la ville, il s’agit du mode de transport numéro un. Ils sont partout. Même que le parking du vélo peut être plus compliqué que de stationner sa voiture sur le plateau Mont-Royal! Souvent les gens vont simplement mettre leur cadenas à leur roue sans l’accrocher à quelque chose de fixe. J’imagine que les voleurs de vélos ne sont pas aussi farouches qu’à Montréal (dixit la fille qui roule à Bixi).

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Mon nouveau vélo dans le quartier de Kudamm, Berlin Ouest.

Encore plus fantastique, rares sont les rues où il n’y a pas de pistes cyclables! D’ailleurs, la plupart ne sont pas dans la rue, mais plutôt intégrées aux trottoirs. En tant que cycliste (et j’imagine pour les automobilistes aussi), c’est un sentiment tellement plus sécurisant que de partager la route avec des piétons, plutôt que des voitures. Parlant de sécurité, le casque semble être plus que facultatif.

Sa popularité est quand même curieuse lorsqu’on pense qu’il n’est pas nécessaire d’acheter un billet pour prendre le métro. En fait, c’est interdit, mais il n’y a pas de système de sécurité pour empêcher les gens de passer. Peut-être que les autres cyclistes ont aussi peur que moi des agents qui vérifient les billets dans les wagons. Peut-être qu’ils ont même eu droit à l’amende de 40 euros à quelques reprises. De mon côté, je l’avoue, je n’aime pas être illégale. J’ai l’habitude de respecter les règles. Même que, pour vous donner une idée, j’aime mieux traverser la rue quand la lumière est verte (mais, je n’ai pas peur d’aller toute seule en Inde… Aller comprendre!) Tout ça pour dire que, quand j’ai vu les Dobermans des sous-terrains pour la première fois (et que je n’avais pas de billet), mon coeur s’est mis à battre vite vite vite et j’ai été plus que chanceuse que les deux filles à côté de moi se lèvent à toute vitesse et que le chien méchant parte à leur poursuite. J’ai été épargnée. Chose certaine, je vais m’assurer de ne pas avoir d’autres options avant de prendre le risque à nouveau. D’ailleurs, je n’ai pas repris le métro depuis et j’utilise mon vélo. CQFD*.

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Ville internationale

Je ne sais pas si c’est parce que les Allemands sont calmes et silencieux, mais j’ai l’impression d’entendre plus souvent qu’autrement n’importe quelle autre langue que l’Allemand. Aucun doute, Berlin est internationale. J’habite présentement à Neukölln, quartier turc de la ville. Ils sont près de 200 000  à s’être établi à Berlin, faisant d’eux le plus grand regroupement turc à l’extérieur de la Turquie. Quant à eux, les Espagnols sont clairement plus bruyants que les Allemands et arrivent au 16e rang des nationalités étrangères habitant à Berlin. Un français que j’ai rencontré m’a même confirmé qu’il avait nettement plus amélioré son espagnol que son Allemand en venant s’installer à Berlin (une raison de plus de me mettre à l’espagnol!).

Malgré tout, je me familiarise tranquillement avec l’Allemand. Mark Twain disait « La vie est trop courte pour apprendre l’Allemand ». Je dois avouer que ça n’aide en rien à vouloir m’y mettre… Mais bon, une chose à la fois.

Ville nocturne

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En plus d’avoir de la misère à traverser une rue au feu rouge, je suis matinale. Je l’avoue. Tout mon entourage le sait, je suis (ou j’étais) celle qui à 9 h le samedi matin avait déjà parti 2 brassées de lavage, fait sa liste d’épicerie, 30 minutes de yoga et lu 2 chapitres d’un livre. Mais le soir, c’est une toute autre histoire. M’endormir dans un party, c’est pas mal ma spécialité…

Quant à elle, Berlin n’est pas matinale. D’ailleurs, je me suis fait prendre à 9 h 30 l’autre jour à essayer de trouver un café pour travailler. C’est possible, mais le choix n’a rien à voir avec ce que la vie post-coucher du soleil a à offrir. En effet, dès que la nuit est tombé, tout le monde sort de sa caverne (ou de son lit) et se promènent bière à la main. Les dépanneurs font même office de bars avec leurs tables et chaises devant leur porte où on peut s’y installer et boire la bière achetée à l’intérieur.

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Que dire de tous ces cafés cool, restaurants cool, bars cool qui longent les rues. Les mêmes qui, de jour, me semblaient abandonnés et qui faisaient me questionner sur la façon dont ils arrivaient à survivre devant toute cette concurrence. Mystère résolu, c’est lorsque la nuit est tombée que la vie commence à Berlin et il y a bien amplement de personnes pour équilibrer la loi de l’offre et de la demande.

Enfin, quand on pense que Montréal était wild avec son projet de laisser quelques bars ouverts jusqu’à 6h du matin. Ici, les bars ne ferment tout simplement pas. Du vendredi au dimanche soir, ils restent ouverts. V’lan.

Ville verte

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Tiergarten

Le parc Lafontaine n’a qu’à bien se tenir, les parcs à Berlin sont fascinants, nombreux et immenses! Moi qui aime le vert et les arbres, je suis servie (quoique, pas d’illusion, l’hiver arrive bientôt). Je suis déjà en amour avec chacun d’entre eux. Görlitzer Park et l’énorme trou de bombe qu’on voit encore au beau milieu. Tiergarten, plus fancy avec son zoo et son jardin anglais. Un autre – dont le nom m’échappe – héberge même des chameaux. C’est pour dire!

Mon coup de coeur ultime reste pour Tempelhof. Ancien aéroport construit en plein milieu de la ville, par nul autre qu’Hitler, a été fermé, il y a quelques années et transformé en un énorme terrain de jeu. Imaginez, faire du vélo ou du patins à roulettes sur une piste d’atterrissage. Pour moi, c’était un moment de liberté ultime. Espace BBQ et jardin communautaire ont également été aménagés. Quand j’y suis allée pour la première fois, au coucher du soleil, des piles de bottes de foin y avaient été mises et les gens y étaient grippé. De toute beauté.

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Ancien aéroport de Tempelhof, fermé depuis 2008.

Autre exemple, dimanche dernier, je suis allée rejoindre des nouveaux amis à Mauer Park. Situé à côté d’un marché aux puces, où on peut trouver de tout, mais vraiment de tout, j’ai été surprise de voir la quantité de personne qui s’y trouvait. Imaginez les tam-tams du Mont-Royal, mais avec différentes stations de musique aux quatre coins du parc et pour tous les goûts. J’ai opté pour l’espace karaoké, où des tonnes des personnes étaient regroupés dans cette espèce d’Agora, pour voir toutes sortes de gens chanter tout et n’importe quoi!

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Karaoké en plein air à Mauer Park

Ville culturelle

Au moment d’écrire ce billet, il y a ce violoniste barbu à deux coins de ma rue qui fait la trame sonore de mon matin. Il était là hier. C’est magnifique ce qu’il joue. Plusieurs personnes s’arrêtent pour le regarder. Ici, tout le monde fait de la musique. Ça sent l’Art à plein nez. En tant que ville qui sort des normes, on en voit aussi de toutes les couleurs. Comme ce mec qui faisait de la musique de robot avec son clavier et un changement de costume sur le bord du marché. Je compte aussi écrire un billet sur mon aventure de figurante dans ce court-métrage qui s’intitulera Postkommunismus et où je devais suivre avec ma caméra le protagoniste qui lisait le manifeste du parti communiste. Bientôt dans un cinéma près de chez vous…

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Il y a aussi ces petits cinémas de quartier où quand je suis allée voir un film la semaine dernière, une bande annonce faisait la promotion du Porn Film Festival. Un Festival multi-disciplinaire qui présente le travail de professionnels créatifs du monde du cinéma, de la photographie, des arts de la scène, de la musique, de la scène artistique et même un karaoké porno pour « challenger » le genre érotique. Bref, Berlin est en continuel mouvement artistique et il y en a pour tous les goûts.

Ville d’histoire

Riche, mais lourde d’histoire, Berlin est fascinante. Moi qui ne connait même pas par coeur l’année où Christophe Colomb a découvert l’Amérique, je fais de gros efforts pour m’informer. (Et oui, j’ai un problème avec les dates.) Pourtant, c’est tellement intéressant. Berlin célèbre le 25e anniversaire de la chute du mur cet automne. Quand on en apprend plus sur cette histoire, on comprend pourquoi Berlin est vieille, mais neuve à la fois. On a surtout de la difficulté à comprendre comment c’est possible que ce soit arrivé il n’y a pas si longtemps…

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Ville cheap

Il ne faut pas le cacher, c’est une des raisons pourquoi Berlin est si populaire auprès des jeunes. Une citation célèbre du maire en 2004 dit : « Berlin is poor, but sexy ». En effet, les gens sont pas très riches, les prix des loyers ne sont pas très hauts et on mange bien pour pas cher. Pour une ville européene, les prix sont surprenants et tout le monde en profite.

Par contre, qui dit cool et pas cher, dit embourgeoisement. C’est ça le danger d’être cool. Les bas prix laissent tranquillement paraître cette gentrification. Phénomène urbain par lequel des arrivants plus aisés s’approprient un espace initialement occupé par des habitants moins favorisés, transformant ainsi le profil du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure. En d’autres mots, les hipsters cool et riches ont pris d’assaut la ville, pour le bonheur de certains et le malheur d’autres. C’est un continuel changement, la coolitude n’est pas éternelle. Je me demande bien quelle sera la prochaine ville européenne a pouvoir porter ce titre? Budapest? Istanbul?

Enfin,  »cool » n’est pas exactement le premier mot qui me venait en tête quand je pensais à l’Allemagne. Mais ici, dans la capitale, tout le monde vous le dira, Berlin, ce n’est pas l’Allemagne.

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13 comments

  1. Claudine Vallieres

    wooooooooowwwwww… j’ai tellement le goût d’y aller! Même si moi aussi je partage ton côté matinal 😉

    1. Kim

      En-tout-cas, ta cousine devrait être ici souvent dans les prochains mois… Y’a pas une conférence d’Archéologie où tu devrais aller dans le coin?! 😉

  2. Nathalie Tourangeau

    Merci pour ce beau voyage à Berlin!! 😉

    1. Kim

      Fait plaisir Nathalie! 🙂

  3. Cindy Lessard

    Mon dieu que ça donne le goût d’y aller! Enjoy dear!!!

    1. Kim

      On yeah!! 🙂

  4. Renée Legault

    Je suis contente que tu te plaise dans cette jolie ville. Par contre l’histoire des chiens je ne comprend pas très bien A+xx

    1. Kim

      C’était un métaphore maman, les chiens, c’est comme les gardiens de sécurité dans la métro pour surveiller les billets! xxx

  5. Claire Fontaine

    Super! Merci pour la photo de Tiergarten. J’ai souvent imaginé ce
    parc en écoutant la chanson de Rufus Wainwright. C’est plus beau que dans mes rêveries. xxx

    1. Kim

      Je ne connaissais pas la chanson et je viens de l’écouter, aussi magnifique que le parc 🙂 xxx

      1. Claudine Vallieres

        L’album de Rufus « Release the Stars » où il chante Tiergarten a été réalisé à Berlin. La chanson « Going to a town » parle de Berlin. La chanson est en fait un au revoir aux USA qu’il quitte pour Berlin pour écrire et chanter l’album. Going to a town est une de mes chansons préférées 🙂

  6. Patrice

    Berlin ist schön!!! Profites-en bien

  7. Legault-Lefebvre Christiane

    Bien différent de l’Inde… Magnifique la photo du parc. Les autres aaussi… mais la nature au coeur d’une ville, c’est doublement précieux. Contente de voir que tu t’y plais.

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